Extrait de Laurence Freeman osb, La parole du silence, « Espérance », Le Jour éditeur, 1995.
L’espérance n’est pas le désir de quelque chose. Ce n’est pas un doux rêve. Elle est le contraire du fantasme. L’espérance est une attitude ou une orientation fondamentale de la conscience. C’est une ouverture vers l’extérieur. Avoir une espérance, c’est découvrir que nous faisons partie intégrante de quelque chose de plus grand que nous et que nous vivons avec l’énergie de cette réalité totale. L’espérance est une ouverture vers l’extérieur de soi, quelle que soit la difficulté de s’y maintenir. Le désespoir est l’abandon de la conscience à la force de l’introversion… L’espérance est une vertu absolue, constante et inconditionnelle. On ne peut pas avoir de l’espérance uniquement lorsque tout va bien. Il faut, en un sens, choisir d’espérer, quelle que soit la tournure des événements, quelle que soit la tendance à retomber dans la conscience de soi, dans l’enceinte protectrice de l’ego.
L’espérance est l’une des vertus résultant de la prière profonde. C’est dans la prière profonde que nous nous détournons de nous-mêmes pour nous tourner vers Dieu, ce Dieu « autre » que nous-mêmes, mais avec lequel nous partageons une ressemblance plus frappante qu’avec notre famille ou tout autre être humain. L’espérance est l’aspiration à être pleinement soi. C’est l’aspiration la plus profonde de notre être.
Méditez pendant 30 minutes
Rappelez-vous : Asseyez-vous. Restez immobile et le dos droit. Fermez doucement les yeux. Soyez détendu mais vigilant. En silence, intérieurement, commencez à dire un mot unique. Nous recommandons le verset de prière « Maranatha » qui signifie « Viens, Seigneur » en araméen. Récitez-le en détachant chaque syllabe. Ecoutez-le tout en le disant, doucement, mais sans discontinuer. Ne retenez et n’entretenez aucune pensée, aucune image, spirituelle ou autre. Laissez passer les pensées et les images qui surgissent. Ramenez simplement votre attention – avec humilité et simplicité – sur la répétition intérieure de votre mot dans la foi, du début à la fin de votre méditation.
Après la méditation
Philippe Mac Leod, Avance en vie profonde, Paris, Ad Solem, Spiritualité, p. 131. Tu te sens bien maintenant qu’il ne s’agit pas tant de nous adresser à l’Esprit que de le reconnaître au fond de nous, au plus profond, à la racine, dans une sorte de transcendance intime, et de lui ouvrir la route, de le laisser nous envahir.